Le mot du président
Comme le dit l’adage : Si tu ne t’occupes pas de politique, c’est la politique qui s’occupera de toi. Et cette rentrée 2026 est éminemment politique en France, à huit mois du premier tour de l’élection présidentielle.
La politique, c’est un sujet que l’on a du mal à aborder en Eglise, tant les questions politiques sont clivantes. Mais à y regarder de plus près, la plupart des questions soumises au politique ne sont pas clivantes en soi – elles le sont devenues. Qu’est-ce que la politique, si ce n’est l’activité publique orientée vers le bien commun (en assurant notamment la sécurité extérieure et la concorde intérieure) ? Or, la recherche de ce bien commun est souvent éclipsée par la promotion d’intérêts particuliers et l’on monte les uns contre les autres : les possédants contre les gens de peu, les autochtones contre les étrangers, les bien portants contre les malades, les croyants contre les non/mal-croyants, les hétérosexuels contre les homosexuels, les habitants des villes contre les habitants des campagnes… C’est ainsi que des sujets qui ne devraient même pas faire débat – soit qu’ils relèvent de la décence la plus communément partagée, soit qu’ils relèvent d’une vérité scientifique établie – à force d’être instrumentalisés, sont devenus sources de discorde. On n’ose donc plus discuter, sous peur de se fâcher avec son frère, sa voisine, son amie.
Notre magazine protestant régional, Réveil, a fait le choix courageux en cette rentrée de publier un dossier sur le protestantisme et la politique. Un dossier qui nous invite à ne pas avoir peur de parler politique en Eglise en posant un cadre clair :
« Parler politique en Eglise n’est pas choisir un camp à la place des consciences. C’est refuser deux facilités : le silence qui laisse les peurs travailler seules, et la consigne qui confisque le discernement. Entre les deux, le protestantisme cherche une voie exigeante : débattre, écouter, résister quand il le faut, et apprendre ensemble ce que l’Evangile oblige à ne pas taire. »
Ce qui est certain, c’est qu’au fil des mois à venir, les questions politiques s’inviteront dans nos conversations, au travail, en Eglise ou en famille. Alors, pour avancer plus sereinement sur ce chemin, le Conseil a décidé d’inviter un spécialiste des rapports des chrétiens au politique, le pasteur Michel Durand, professeur honoraire à la faculté de théologie de Montpellier et ancien président du Conseil national de l’Eglise réformée de France. Il sera avec nous le dimanche 15 novembre pour une discussion ouverte et fraternelle. En attendant, je vous invite à lire le dossier de Réveil, dont vous trouverez quelques exemplaires en consultation libre au temple.